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Intervention de F. CUVILLIER auprès du Ministre de la pêche

Publié par Frédéric CUVILLIER sur 1 Août 2007

Intervention de Frédéric CUVILLIER lors de l’audition du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche devant la commission des affaires économiques et du développement durable.

 

Le 26 juillet 2007.

 

Monsieur Le  Ministre,

 

Permettez moi, tout d’abord, de vous faire part de la grande déception et de l’inquiétude qui sont certes les miennes, mais surtout, qui sont celles du monde de la mer suite à la lettre de mission que le Président N. SARKOZY vous a adressée lors de votre prise de fonctions en qualité de Ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Cette lettre de mission est, en quelque sorte, la feuille de route qui devra guider votre action à la tête de votre ministère.

 

Or, la filière pêche forte de ses 25 000 emplois et de ses 1,5 Mds € de C.A. est quasiment absente des objectifs qui vous ont été assignés.

Le Député Maire du 1er Port de Pêche qu’est BOULOGNE SUR MER  est inquiet, en effet, qu’à nouveau la pêche et, en général, le monde de la maritimité, apparaisse comme le parent pauvre, le grand oublié, de votre mission.

 

Mon inquiétude est confortée par la pérennité du découpage institutionnel pénalisant le monde de la mer, du Littoral. Selon les domaines, selon les actions diverses administrations ou ministères se trouvent compétents indépendamment  les uns des autres : Intérieur, défense, transport, agriculture, environnement,… je regrette donc que contrairement à des déclarations récentes, l’attention qui devait être portée au monde de la mer ne fasse plus déjà, aujourd’hui, partie des préoccupations du moment.


Et pourtant, Monsieur le Ministre, si vous êtes Ministre de l’agriculture, vous êtes aussi Ministre de la Pêche et nous avons besoins de vous et de votre détermination la plus forte pour défendre les emplois liés notamment à la pêche. Et si tel est le cas, vous me trouverez à vos côtés.

 

Le monde de la pêche est inquiet disais-je et, le blocage du port de Boulogne, quelles qu’en soient les raisons, démontre s’il en était besoin, combien les esprits sont préoccupés.

Je souhaite, à ce stade évoquer simplement quelques unes des préoccupations au moment où vous prenez en main vos fonctions.

 

-        Le système des quotas, s’il a eu pour but de préserver la ressource et de permettre une gestion durable de celle-ci, est aujourd’hui un système qui génère trop d’incohérences, qui souvent ne correspond plus à une réalité. Les scientifiques sont écoutés alors que les professionnels ne sont pas associés…Ajoutez à cela l’effort « de non pêche », les contrôles tatillons, parfois plusieurs fois par mois ce qui signifie l’immobilisation du bateau plusieurs jours par mois… l’exaspération est grande et les obstacles à l’exercice de leur profession par les marins inquiétants.

       

-        Le deuxième point que je souhaitais évoquer est celui du coût du carburant ; sur ce point il y a urgence. Certes une aide nationale de compensation serait considérée comme illégale par Bruxelles, mais une décharge de droits de douanes et des frais portuaires seraient les bien venus. Au moment où le gouvernement, en quelques mesures du paquel fiscal, est capable de faire un cadeeu fiscal de 15 Mds E aux plus aisés, ce type d’aide aux marins d’un coût sans commune mesure et soutenant l’emploi irait dans le bon sens. Il faut en effet savoir que les marins paient des taxes à l’année alors que le bateau lui ne sort en mer en moyenne que 210 jours par an.

 

-        Le 3ème point inquiétant est celui du renouvellement de la flotte. En quelques années 40% des bateaux ont disparu et la profession est fermée. Les aides à la modernisation de la flotte ne concernent plus que la modernisation de vieilles unités. Cette mesure est contre productive puisqu’il est en effet plus coûteux et surtout beaucoup plus dangereux de moderniser une flotte très ancienne que de remplacer d’anciennes unités de pêches par de plus modernes et de plus économes.

        

-        Enfin, Monsieur le Ministre, je souhaite attirer votre attention sur la question des pôles de compétitivité. Ceux-ci relèvent de la compétence du Ministère de l’industrie. Ce ministère a donc en charge tous les pôles de compétitivité qui dans les différents domaines sont « assis » sur des grands groupes nationaux ou internationaux  d’industries. Ce n’est pas le cas des pôles des filières des produits aquatiques de Boulogne (comme celui du pôle Mer Bretagne PACA) puisque je l’indiquais, la filière pêche en France est insuffisamment structurée ! Le Ministère de l’Agriculture et de la pêche devait bénéficier d’un fonds spécifique d’aides aux pôles aquatiques. Ce dernier aurait disparu au profit de régulations budgétaires. Cet enjeu est de la plus haute importance car de la structuration de la filière pêche dépend l’emploi. Aujourd’hui, la filière nationale pêche ne répond en effet qu’à à peine, 15% de la consommation nationale de produits aquatiques.

 

-        Je vous remercie Monsieur le Ministre, de bien vouloir prendre en considération ces remarques qui, pour la profession sont au cœur de son avenir et de son devenir.